Depuis ma tendre enfance, j'ai toujours fait le lien entre les origines Bretonnes de ma mère et de celles de mon père originaire de la Sarthe et du Berry, mais ayant été couvée des yeux la plupart du temps par ma grand-mère maternelle JEANNE- LOUISE, mon coeur balance surtout du côté du LEON, des côtes de granit rose et de la MER D'IROISE.
Mes tantes JOSEPHINE et ANASTHASIE nées respectivement en 1901 ET 1904 (les soeurs de JEANNE- LOUISE) née elle en 1903. Celles-ci étaient couturières professionnelles ainsi que mon autre grand-mère paternelle CLEMENCE (celle-ci m'a appris le crochet à partir de 4 ans) et je l'en remerçie car c'est aussi pour moi une belle passion.
Elles fabriquaient à la main et avec leur petite "Singer" à pédale: les vêtements de fêtes (robes de mariées, costumes, soutanes de curés, tabliers brodés, robes de baptêmes, gilets etc.. des villages et de Landivisiau) et ceci presque jusqu'à la fin de leur vie malgré leurs problèmes de vue. A cette époque on ne parlait pas de retraite sans arrêt........
Presque tous les étés, je quittais la banlieue de Paris avec ma petite mémé adorée pour rejoindre ses frêres et soeurs, oncles et tantes, parrains et marraines à Landivisiau, à Bodilis et à Cléder (ceci entre l'année 1963 ET 1976), en gros jusqu'à mes quinze ans.
C'était un total dépaysement pour moi (la petite Parisienne) comme on m'appelait, les gens parlaient tous le Breton entre eux, je l'ai un peu pratiqué au fil du temps grâce à eux, à ma grand-mère surtout, à Mr STIVELL, Mr SERVAT, les TRI-YANN, YANN FANCH KEMENER, Mr PRIGENT....
Tout le monde se parlait simplement, gentiment, sans agressivité, sans cynisme, on faisait attention aux enfants et la vie était douce, nous étions libres comme l'air et nous ne craignions pas les voitures, on gardait les vaches en jouant aux cartes , on faisait les moissons tous ensemble dans les champs de chacun , on ramassait aussi les pommes de terre à la fin de l'été, c'était fatiguant mais le Dimanche c'était " REJOUISSANCE" et la messe avec ses préparatifs, tante "PHINE" se levait très tôt pour faire la pâte des crèpes du déjeuner, mettait la table pour toute la famille et faisait la soupe au lard et aux légumes du dîner. Quelquefois c'était un kig a farz ou un lapin en gibelotte. Un régal!.
Elle se préparait ensuite, enfilait son plus beau costume noir brodé de fils d'or et de perles, son tablier, et son beau châle, elle coiffait ses longs cheveux encore bruns et raides, se faisait un beau chignon sur la nuque et posait délicatement sa coiffe fraichement amidonnée, je l'aidais à fixer les épingles pour son maintien. Je la regardais émerveillée (comme elle était jolie! Ses petits yeux noirs pétillaient de malice). Moi, j'enfilais ma belle robe blanche et ma grand-mère sa belle robe du Dimanche et son chapeau de la Samaritaine et on partait tous à pied ou dans les 4L blanches de mes oncles et tantes.
C'était de merveilleuses vacances! Et lorsque je rentrais avec l'accent et de belles couleurs (CAR IL FAIT BEAU EN BRETAGNE!!!!), j'avais le mal du pays et je faisais comme mes Grandes-tantes lorsque le temps était pluvieux, que maman était absente ou trop occupée, que mes devoirs étaient faits et que les copains/copines étaient occupés: je crochetais, je cousais, je brodais, je tricotais , je bricolais, je réparais et je dessinais, je faisais toujours des progrès à force de patience, aujourd'hui j'ai moins de temps mais je continue à créer de jolies choses utiles pour moi et les gens que j'aime..
Lorsque je suis allée à QUIMPER en 2005 pour
le Festival de Cornouaille et que j'ai vu tout près ces danseurs, danseuses et musiciens en costumes magnifiquement coupés et brodés ,toute la liesse et l' enthousiasme, c'était extraordinaire !MAGNIFIQUE! Bien mieux qu'à la télé où au Stade de France, il y avait 5000 participants cette année là .
J'ai donc cherché quelques explications de broderies traditionnelles pour progresser un peu dans cette direction, et je vous livre quelques extraits du livre de Geneviève JOUANNIC et Viviane HELIAS, sur ce blog...
Je mets également le lien sur ce site
"les filets bleus" qui illustre ces points et l'histoire de ces broderies dans la région de Basse-Bretagne.
LE DRENN PESKET (Arête de poisson):
Ce point est utilisé dans les Pays de Pouldergat, Quimper ainsi qu'à Ploaré où il prend toute son importance, il recouvre presqu'entièrement le corsage des femmes et s'éxécute du bas vers le haut avec du fil de soie ou de coton perlé.
Pour faciliter la réalisation du point vous devez faire 2 lignes parallèles de points de bâti. (FIGURE 1).
Puis sortir l'aiguille à l'extèrieur du bâti en A, piquer à gauche de la ligne médiane en B, et ressortir à l'extèrieur du bâti en C.
Faire le mouvement inverse pour la (FIGURE 2) et répéter autant de fois que nécessaire jusqu'au changement de fil qui se fait en piquant l'Aiguille en D.
Laisser l'aiguille en attente sous l'ouvrage et prendre une autre aiguillée de fil de couleur diffèrente. Ressortir cette aiguillée en E, et procéder de la même manière.
Fournitures nécessaires pour l'éxécution des broderies présentées
Il faut choisir le fil en fonction du tissu: fil de soie sur velours de soie. Tandis qu'un velours de coton pourra supporter un coton perlé n°8. Un coton mouliné ou fil de soie floche pour un passé plat ou une peinture à l'aiguille au passé empiétant.
Un fil de soie floche pour un châle du Léon-Trégor au passé rembourré.
Les coiffes en filet seront confectionnées avec du coordonnet spécial (fil pour les ouvrages au crochet).
Ex:
- Fil n°00 et aiguille n°2 (coiffe Pen Sardin).
- Fil n°70 et aiguille n°3 (Châteauneuf).
- Fil n°50 et aiguilles n°3 1/2 ( Gourin).
Les coiffes en tulle de coton, organdi et et broderie sur filet seront réalisées avec du coton à broder n°20 ou 25 et 30 ou 35.
Le NEUDE sera réalisé avec du coton perlé n°8 sur du métis pour linge de table.
Comment reproduire un dessin pour préparer une broderie
- AVEC CERTAINES ENCRES AU FER CHAUD.
- AVEC DU PAPIER CARBONNE BLEU OU BLANC
- A LA ROULETTE (perforer le papier et frotter avec de la poudre à poncer)
- A LA CRAIE DE TAILLEUR pour le velours. REPRENDRE LES DESSINS A LA GOUACHE